Diagnostic biologique de la coqueluche : actualités

Diagnostic biologique de la coqueluche : actualités

Malgré une généralisation de la vaccination, la France et autres pays industrialisés connaissent depuis une quinzaine d’années une résurgence de la maladie et un changement épidémiologique liés à la diminution progressive de l’immunité acquise par absence de rappel vaccinal. La plupart des cas de coqueluche concernent les nour­rissons non encore immunisés, contaminés par un adulte, mais elle touche aussi les enfants et adultes anciennement vaccinés. La transmission humaine a lieu à l’intérieur des collectivités ou au sein d’une même famille ; la contamination se fait par les sécrétions expulsées lors d’un épisode de toux par un sujet infec­té.

La coqueluche est due, dans sa forme typique, à BordetellpertussisBordetellparapertussis est responsable d’un syndrome coquelucheux (paracoqueluche). Enfin, Bordetellbronchiseptica, bactérie pathogène des voies respiratoires supérieures des animaux domestiques, peut rarement provoquer chez l’homme une pseudocoqueluche.

Modalités diagnostiques actuelles

En France, depuis le 15 février 2011, les conditions du diagnostic biologique de la coqueluche ont été révisées. (source : Journal officiel 15/02/11)

1Si le sujet est vacciné depuis moins de trois ans, toute investigation en vue du diagnostic de la coqueluche est considérée réglementairement comme infondée et ne doit pas être entreprise.

2La recherche de B. pertussis et B. parapertussis par PCR, sur sécrétions endonasales ou aspirations nasopharyngées, est désormais la seule méthode diagnostique remboursée par la sécurité sociale (cotation à la Nomenclature des Actes de Biologie médicale : B140 soit 37,80 E,) si et seulement si elle est effectuée dans les conditions suivantes : patient toussant depuis moins de 3 semaines et sujet vacciné depuis plus de 3 ans (ou statut vaccinal inconnu). Dans ces conditions, la PCR est la technique la plus sensible pour le diagnostic de coqueluche.

3La sérologie de la coqueluche, quelle que soit la méthode utilisée, n’est plus remboursée par la sécurité sociale (coût en 2011 au laboratoire Biomnis : 26 E, à la charge du patient).

Lsérologie reste utile quand la PCR (ou la culture) n’ont pas pu être réalisées ou sont négatives, mais elle n’offre qu’un diagnostic rétrospectif. Elle est difficilement interprétable s’il y a eu une vaccination moins d’1 à 3 ans auparavant, car elle ne permet pas de distinguer les anticorps vaccinaux des anticorps naturels.

4. La détection directe de Bordetella pertussis par immunofluorescence sur frottis de cellules nasopharyngées est jugé inadaptée au diagnostic. Cet acte ne doit plus être prescrit ni effectué.

Les biologistes de LCV