Infection a papillomavirus et cancer du col de l’uterus : place et interet du test hpv

Le cancer du col de l’utérus est un cancer dépistable et qui, aujourd’hui, peut être prévenu par la vaccination.

Environ 120 sous-types de HPV sont aujourd’hui connus dont une quarantaine susceptibles d’infecter les muqueuses humaines. On distingue les HPV de bas risque (6, 11, 42…), responsables des condylomatoses génitales, et les HPV de haut risque (16, 18, 31, 33, 45…), potentiellement oncogènes, impliqués dans plus de 99 % des cancers du col de l’utérus, mais aussi dans un grand nombre de cancers de la vulve, de l’anus, de la verge…

L’infection à HPV est une infection courante et banale : 70 % des femmes seront contaminées par un HPV au cours de leur vie. L’infection se transmet par contact sexuel. Le virus est éliminé naturellement dans 90 % des cas en 12 à 18 mois. Mais, dans 10 % des cas, l’HPV persiste et peut entraîner des lésions évolutives.

Rechercher la présence d’un HPV de haut risque : le test HPV

L’HPV n’étant pas cultivable, seule l’identification du génome viral dans les cellules du col de l’utérus par technique de biologie moléculaire peut être utilisée, sur prélèvements muqueux (à la cytobrosse) et biopsiques.

Un test HPV positif signe la présence d’un ADN-HPV de haut risque (HR) parmi les sous-types testés ; il ne rend pas compte de la présence de lésions.

Un test HPV positif n’est vraiment significatif qu’après l’âge de 30-35 ans. Chez les femmes plus jeunes, le test est positif dans au moins 25 à 30 % des cas. Après 35 ans, il est positif chez environ 10 % des femmes, c’est-à-dire chez celles qui, n’ayant pas éliminé le virus après plusieurs années, développent une infection persistante.

L’intérêt principal de ce test est sa très forte valeur prédictive négative (> 95 %).

Indications des tests HPV : Triage des frottis ASCUS (Atypical Squamous Cells of Undetermined Significance = frottis avec atypies cellulaires indéterminées).

Il s’agit de la seule indication actuellement remboursée en France. Chez une femme ayant un frottis ASCUS, un test HPV négatif permet de conclure à un faux positif de la cytologie. Si le test HPV est positif, la femme peut être référée en colposcopie : dans environ 50 % des cas, une lésion sera détectée.

Recommandations ANAES 2002 pour la prise en charge des frottis ASCUS : 3 options au choix

  • Cytologie de contrôle : un frottis à 6 mois et un à 1 an. Si l’un des deux est positif, indication à une colposcopie + biopsie
  • Colposcopie immédiate
  • Test HPV : si négatif, frottis de contrôle à 1 an, puis frottis de routine ; si positif, colposcopie et biopsie immédiates

Autres indications

Ce test est également utile pour le suivi des femmes ayant eu une lésion de haut grade traitée par conisation. Un typage HPV 6 mois après la conisation permet, s’il est négatif, de dire que le risque de récidive de la lésion est infime et donc, que la surveillance peut être espacée. Une demande de remboursement dans cette indication a été déposée.

HPV et cancer du col : quels messages délivrer ?

 

– Compte tenu de l’épidémiologie du virus, les HPV-HR ne devraient  pas être recherchés avant l’âge de 30 ans, et seulement suite à un frottis cervico-utérin douteux ou ASCUS.

– Le test HPV permet d’évaluer un risque de cancer du col ; c’est la persistance d’une infection par le HPV qui entraîne un risque de cancer du col, mais ce cancer est rare.

– Un test HPV positif n’est pas un marqueur de fidélité ou du comportement sexuel : un HPV est contracté par contact sexuel, mais ce contact peut dater de nombreuses années.

– La sérologie HPV ne se fait pas ; elle n’a aucun intérêt diagnostique ni pronostique.

– Il est inutile de dépister une infection à HPV chez l’homme (en l’absence de lésion de type condylomes).